Association pour la Promotion de l'Alsace en Roumanie
Alsaciens de cœur et d'ailleurs
Près de 130 Alsaciens éparpillés entre la Grèce et la Guinée, la Chine et les États-Unis, se sont retrouvés hier à Riquewihr pour la 28e journée de l'Union internationale des Alsaciens (UIA). François Brunagel, président depuis 21 ans, a cédé la place à Gérard Staedel (voir ci-dessous).
Certains risquent l'insolation mais Michèle Leonidopoulos est habituée. Elle vit depuis 32 ans à Athènes et préside l'Amicale des Alsaciens de Grèce. Elle est née à Madagascar, a grandi à Paris mais sa grand-mère maternelle était Alsacienne. « Lorsque j'ai découvert l'association il y a trois ans, tout vibrait, tout m'intéressait. Aujourd'hui je m'y implique tant que je me sens Alsacienne à bien plus de 25%. »
Comme beaucoup des 130 expatriés présents, Michèle est « rentrée au pays » spécialement pour cette journée. Présentation historique de
Riquewihr, de ses atouts touristiques et viticoles, dégustation de crus locaux, repas puis visite de la ville... « On s'amuse, on est bien, on est Alsacien », résume Michèle, pour qui
l'association permet de « recréer l'Alsace chez nous ».
L'Alsace, un « précurseur »
Le "chez-nous" d'Alain Pfeiffer est aussi à l'étranger. Ce natif de Saverne a vécu dix ans en Afrique, sept ans en Asie et cinq ans à Bucarest où il a créé l'Association pour la promotion de l'Alsace en Roumanie (APAR). Dans 15 jours il rejoindra l'Inde, où aucune association d'expatriés n'existe encore. « Il faudra en créer une », promet ce futur directeur de la Société générale à Bombay. « L'UIA est un réseau informel très important. Nous pourrions faciliter les investissements et même l'exportation de biens et de services alsaciens en Inde. »
Créée en 1981, l'UIA rassemble près de 2 000 Alsaciens dans plus de 110 pays. Elle fédère aussi 27 associations ou délégués dans 18 pays,
« presque quatre fois plus qu'il y a 20 ans », remarque François Brunagel. Expatrié en Belgique, il a présidé l'Union pendant 21 ans avant de céder la place hier. « J'ai observé au
fil des ans une affirmation du rôle des régions françaises à l'étranger. La France est un concept abstrait mais quand on parle d'Alsace, de Bretagne ou de Corse, on donne un visage à la
France », explique-t-il.
Pour l'ancien président, l'Alsace a été un « précurseur » de ce mouvement, notamment grâce à l'UIA. « Voir aujourd'hui un banquier
de Bombay discuter avec un chef de chantier à Singapour ou un viticulteur de Californie, tous Alsaciens, c'est ma plus belle récompense. »
DNA / Anne Andlauer